Fuseau horaire oblige, ce sont en réalité les Japonais qui ont découvert les premiers le Beaujolais nouveau, dont ils sont d’ailleurs de gros consommateurs : sur les 40 millions de bouteilles produites chaque année, 13 millions sont exportées dans 110 pays, mais la plupart en réalité vers le pays du soleil levant.

Vinifié à partir d’un cépage exclusif, le gamay noir à jus blanc, le Beaujolais nouveau est un vin dit primeur, c’est-à-dire de l’année même. Sa fabrication fait appel à la méthode de macération carbonique qui lui donne ses arômes typiques de bonbon anglais. On y associe également parfois une levure, qui donne le fameux goût de banane si cher aux amateurs de Beaujolais nouveau.

Cependant, cette année, les Japonais risquent d’être déçus : pas de banane, mais des arômes de framboise, de mûre, de pêche de vigne et même de violette… En effet, grâce aux bonnes conditions météo ce cet été – pluies en juin et temps sec et chaud en juillet-août – la production 2009 serait moins importante que d’habitude mais de meilleure qualité.

Dominique Capart, le président d'Inter Beaujolais, parle même de « grand cru » et affirme que ce millésime est non seulement « bon à boire maintenant, mais en plus c'est un grand vin qui dans 10 ou 15 ans sera encore très friand et agréable. » Et on serait presque tenté de le croire, car si le Beaujolais nouveau est un vin destiné à être bu dans les six mois, la région d’appellation produit avec le même cépage gamay d’excellents vins de moyenne garde, dont les crus Brouilly et côtes de Brouilly, Chiroubles, Fleury et Saint-Amour. Les Morgon et les Moulin à Vent sont même vinifiés selon la même technique de macération carbonique que le Beaujolais nouveau…


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Dans le doute, et quitte à avoir mal au cœur, les Parisiens et les touristes de passages dans la capitale auront cette semaine une alternative au bon vieux godet de pif vidé joyeusement sous la tonnelle en plastique déployée pour l’occasion dans tous les troquets de quartier : la flûte de champagne à déguster en haut de la Tour Eiffel. Terriblement chic, exclusive et snob, cette idée d’un bar à Champagne microscopique posé au tout dernier étage de la grande Dame, signée Alain Ducasse soi-même, ne pourra que séduire les jolies filles et gentils jeunes gens qui décorent habituellement les enseignes du groupe Costes et autres nouvelles brasseries et brunchs bobo-chics. Bien sûr cette invitation au vertige éthylique est éphémère, donc on y court, on y vole, en passant par le site de la Tour Eiffel où l’on peut acheter son billet et réserver une heure d’ascenseur, pour éviter de faire la queue avec le populo et les touristes japonais, dont l’haleine pourrait être malencontrueusement chargée d’arômes douteux cette semaine.

Dans tous les cas, nous vous rappelons que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, donc trinquez, mais avec modération!

Bar à champagne éphémère, 10€ la coupe de champagne blanc ou rosé, dernier étage de la Tour Eiffel, de 17h à 22h30.