« Réunion » c’est ainsi que l’on peut traduire « Samain », nom donné à l’une des quatre fêtes religieuses les plus importantes des Celtes, elle symbolisait le passage dans la saison sombre, par opposition à l’autre saison, claire celle-ci, de la vie, de la lumière et des moissons. Outre de nombreux rites liés au feu, ce passage dans une nouvelle année était le moment l’on faisait des offrandes aux ancêtres. Des boissons ou des fruits, des attentions spéciales sont accordés à ceux qui ne sont plus là pendant que les clans se réjouissaient en mangeant des fruits secs, du pain noir tout en buvant de l’hydromel. Les druides se livraient au même moment à des rituels afin d’accueillir tranquillement et dans la joie ces émissaires d’un autre monde. Deux mille ans plus tard, Samain, Halloween et la Toussaint ne font plus qu’un…

Ces traditions, y compris gastronomiques, sont arrivées jusqu’à nous, déformées par les méandres du temps et des migrations. En Irlande, véritable berceau de l’Halloween moderne, il s’agissait d’un jour maigre. Il ne s’agissait pas de jeûner totalement mais il n’aurait pas été convenable de se goinfrer de viande. Par conséquent, il fallait redoubler d’inventivité en préparant des purées de pomme de terre aux oignons, au chou ou aux poireaux, sans oublier des crêpes sucrées et des pâtisseries, souvent à base de pommes.

Parmi celles-ci, les « soul cakes », littéralement « gâteaux pour les âmes », qui deviendraient chez les Catholiques des gâteaux de la Toussaint, sont probablement à l’origine de la chasse aux bonbons et aux friandises que font ce jour-là les enfants déguisés. Au Moyen-Âge, les plus jeunes et les nécessiteux se rendaient en effet de porte en porte en chantant pour l’âme des morts. Il convenait alors de les rétribuer de ces petits gâteaux ronds, fourrés de raisins ou de cassis et parfumés de muscade et d’épices douces. Pour un biscuit mangé, une âme du purgatoire se voyait libérer. Aujourd’hui, un simple « treat or trick » suffit pour échanger des bonbons contre la promesse d’être magnanime et de ne pas lancer de mauvais sorts, ou de donner des coups de bâton.

Fotolia © Samantha Grandy

La fameuse citrouille à laquelle on taille un visage est avant tout une spécialité américaine qui date du XIXème siècle, alors que l’on sculptait force betteraves en Angleterre et des navets ou des rutabagas en Irlande ou en Ecosse. Ils étaient probablement bien trop petits pour que l’on puisse faire brûler des bougies à l’intérieur comme pour les bons vieux « Jack-o’-lanterns », surnom donné à ces drôles de lampes fabriquées à partir de cucurbitacées.

Bien entendu, si vous vous amusez à en fabriquer chez vous, choisissez une variété à la chair parfumée et légèrement sucrée, qui vous servira d’ingrédient principal dans la réalisation de nombreuses recettes de soupes, de tartes ou de cakes à la citrouille (que nos amis canadiens appelleraient « pains »), délicieusement parfumés pour ces derniers par des épices douces comme la cannelle ou le clou de girofle. Pour les adeptes d’Harry Potter, le célèbre petit sorcier inventé par JK Rowling, il est même possible de faire du jus de citrouille. Il suffit pour cela de mélanger la même proportion de chair de potiron, cuit au préalable une vingtaine de minutes, avec la même proportion de lait, ou un peu plus de lait, le tout parfumé d’épices, et cela vous donnera une boisson à la texture curieuse et au goût doucereux. A réserver aux fans donc…

Enfin, si vous désirez une fête d’Halloween traditionnelle « à l’américaine », osez les pommes d’amours, les épis de maïs grillés et toutes sortes de bonbons, comme le candy corn, les guimauves et les sandwichs « spooky » (effrayants) découpés à l’aide d’emporte-pièces…L’important est de s’amuser et d’accueillir avec gourmandise le monde des ténèbres !