Tout d’abord, la vaste opération de communication lancée par différents ministères afin de nous convaincre de consommer « 5 fruits et légumes par jour » ne semble pas, au risque d’accumuler les mauvais jeux de mots, « porter ses fruits ». Est-ce parce que les fruits et légumes n’ont réellement plus la côte auprès des consommateurs français, pour des raisons de goût ou de mode, ou, comme le pense Raymond Girardi, Secrétaire Général du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) : « Cela fait des années que les paysans et notamment les producteurs de fruits et légumes sont victimes du dumping social via les importations. » Ce à quoi il ajoute « Quand ces pays qui exploitent une main d’œuvre proche de l’esclavagisme, payé de façon indigne à 1 dollar par jour, exportent des fruits et légumes sur le marché français, il y a bel et bien une distorsion de concurrence que la Commission Européenne ne veut pas voir ».

Très loin de la fraich’ attitude, la concurrence internationale, ou simplement européenne est en effet pointée du doigt par l’ensemble des producteurs fruitiers, et maraîchers, pour expliquer l’échec de l’écoulement des stocks, couplée à des marges conséquentes qui font facilement passer les 50 centimes qui reviennent au producteur, par kilo, aux 3 euros demandés sur les étals parisiens ! Grandes surface et producteurs se renvoient la balle à grands coups d’opérations spectaculaires comme le déversement sauvage de fruits sur le parking de certains commerçants…

Afin de tenter de sortir de cette crise, une table ronde vient d’être annoncée pour le 22 septembre prochain par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. En attendant, le Modef organisera demain, 20 août 2009, une opération « vérité sur les prix » des fruits et légumes. Dix tonnes de tomates, prunes et melons devraient ainsi être proposées à « prix réel ». La même opération doit également avoir lieu le 22 août en Meurthe et Moselle : l’occasion de faire des confitures ?

Découvrez la réaction de Jean-Paul Douillard, Président section Légumes de Vendée à propos de la demande de remboursement de la Commission Européenne et du problème de la concurrence: