Ce drôle de petit fromage réalisé à partir du caillage lactique de 6 cm de diamètre et de 3 cm de haut, pesant au minimum 30g et contenant 45% de matière grasse, ne devient officiellement une « rigotte » (un terme venant probablement des mots rigol ou rigot qui désignent les petits ruisseaux qui chantent le long des massifs du Pilat et vont arroser Condrieu en contrebas) que 8 à 10 jours après son démoulage.

Elle se reconnaît alors à sa pâte molle au bon lait cru de chèvre, fondante avec son petit goût de noisette. Elle présente en général une belle croûte ivoire, légèrement irrégulière, qui devient bleutée avec le temps. Ce caractère exceptionnel s’explique par le soin tout particulier que mettent ses producteurs à le fabriquer. Il faut dire qu’il s’agit d’une toute petite production, ne concernant qu’une quarantaine d’éleveurs de chèvres susceptibles de fournir leur lait, 16 producteurs fermiers et 35 tonnes, tout de même, de fromages produits annuellement.

C’est un fromage que l’on peut en effet déguster frais, sec ou demi-sec, voire complètement affiné. Il affectionne les vins du terroir comme le Condrieu justement ou un Côte-Rôtie avec lequel il fait merveille. Alors, pourquoi ne pas l’ajouter à votre plateau de fromages si vous avez l’occasion de le goûter ?