Bruxelles fait les comptes et réclame 500 millions d’euros aux producteurs français
Par Caroline Bodin, mardi 04 août 2009 à 17:30 :: Actus :: rss
Alors qu’une réunion était prévue cette après-midi entre Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, et les représentants de la filière fruits et légumes, afin de discuter de la crise qui touche de plein fouet le secteur, un ordre du jour encore plus désagréable pour la profession s’est imposé suite à la réclamation de la Commission Européenne concernant les aides versées entre 1992 et 2002.
Bruxelles demande le remboursement d’environ 500 millions d’euros suite à une enquête commencée en 2005. En effet, les aides versées par l’Office national des fruits, des légumes et de l’horticulture auraient du être destinées à soutenir les producteurs en cas de crise liée à la surproduction au sein du territoire. Or, l’Europe en déduit désormais que cette méthode a favorisé « l’écoulement de la production fruitière et légumière française au détriment des productions des états membres ». Traduction : les producteurs français de fruits et légumes auraient été privilégiés au détriment d’autres états membres et devront rendre 338 millions d’euros, intérêts non compris.

Au même moment, les prix des fruits et légumes chutent et l’on autorise des ventes au déballage exceptionnelles. Néanmoins, comme l’affirme, sur www.lepoint.fr, Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits : « Dans le climat actuel que vivent les producteurs de fruits français, c’est très mal venu, de toute façon, on est dans l’incapacité de rembourser en tant que producteurs. Il faut également réajuster le message qui est passé, ce ne sont pas des aides directes qui ont été touchées, ce n’est donc pas aux producteurs de rendre l’argent ». On ne saurait être plus clair…Bruno Dupont confirme ensuite sa position en soulignant que les négociations doivent avoir lieu entre l’état français et Bruxelles et que, « ce n’est en aucun cas le producteur français qui remboursera cette somme ».
Pendant ce temps, Bruno Le Maire campe ses positions sur Europe 1 et souligne : « Il faudra payer une note même si je souhaite que la note soit la moins élevée possible ». Le ministre le concède tout de même par la suite ; il faudra « « étaler dans le temps » et « les remboursements ne sauraient être effectifs avant plusieurs mois », l’important étant « d’amortir le choc de ce remboursement ».
Enfin, Jean Glavany, qui fut justement ministre socialiste de l’Agriculture entre 1998 et 2002, se veut critique à propos de l’effet d’annonce de son successeur actuel et pense comme le rapporte www.lemonde.fr que Bruno Le Maire « aurait dû attendre le résultat du recours déposé par la France devant la Cour de justice européenne pour prendre une décision ». Il y a fort à parier que les producteurs de fruits et légumes ne le contrediront pas.
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