Easyfrenchcook a testé pour vous l’étude NutriNet Santé
Par Marie-Cécile Puissochet, mercredi 29 juillet 2009 à 17:43 :: Actus :: rss
Lancée à grand renfort de communication par le ministère de la Santé en mai, l’étude NutriNet Santé peine à atteindre son premier objectif : recruter 500 000 volontaires, prêts à s’engager à répondre régulièrement dans les cinq ans à venir à des questionnaires web sur leurs habitudes alimentaires. Pourtant, cette étude dite de « cohorte » doit permettre de mesurer de façon précise les liens entre nutrition et santé. Le programme, dirigé par le Pr Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’Université Paris 13, et soutenu par la plupart des institutions publiques de santé et de recherche, est une première mondiale dont l’enjeu pour l’avenir vaut la peine de se mobiliser : inscrite depuis mai, j’ai donc testé pour vous le protocole NutriNet Santé.

Principale nouveauté de cette étude : tout se passe sur le web. Le site www.etude-nutrinet-sante.fr se veut accueillant et didactique : le « nutrinaute » est guidé pas à pas à chaque étape par un mode d’emploi, doublé d’une vidéo pédagogique où la charmante Christelle Ballestrero de France 2 vous montre tout bien avec les mains. Résultat, même tata Germaine, pourtant novice du mulot, devrait pouvoir s’en sortir. En réalité bien sûr, ce n’est pas si simple, les questionnaires alimentaires s’étant révélés d’une complexité babylonienne, mais nous y reviendrons.

La première étape consiste à remplir trois formulaires destinés à mieux vous connaître : mode de vie, activité physique, taille et poids. Jusqu’ici tout va bien. Les choses se corsent avec le questionnaire santé, qui implique de récapituler non seulement votre parcours médical depuis le premier vagissement, prescriptions médicamenteuses comprises – ceux qui ont déjà rempli un formulaire d’assurance pour l’obtention d’un prêt immobilier me comprendront - mais également vos antécédents familiaux, d’où s’en suit une intéressante comptabilité morbide, où l’on constate notamment les ravages du cancer… gloups.
On entre ensuite dans le vif du sujet avec les questionnaires alimentaires : le site vous propose trois dates tirées au sort dans les trois semaines qui viennent, dont une au moins sur un week-end, pendant lesquelles vous devrez noter toutes vos prises alimentaires en détail : horaires, ingrédients, quantités. Et quand on vous dit, toutes, c’est vraiment TOUTES : vous vous êtes levé à 4h du matin pour boire un verre d’eau ? prise alimentaire. Vous avez mâché un chewing-gum à 15h ? pareil. Quant à l’aspect détaillé de la description qu’il vous faudra faire, comment dire ? Tata Germaine aime les mots-fléchés et les puzzles de 3500 pièces ? inscrivez-la, elle va adorer. Votre collègue Pimprenelle développe une passion comptable maniaque pour la moindre calorie ingérée à l’approche du bikini ? allez-y, ce questionnaire est fait pour elle. En clair, le formulaire va jusqu’à me demander si le lait de soja dont j’arrose mes 60 g de muësli bio/contenant des fruits secs/de marque distributeur est enrichi en vitamine D/en calcium/de marque Sojas**/de marque Bjo**/autre marque, veuillez précisez laquelle... Il faut également décomposer la totalité des ingrédients d’un plat, herbes aromatiques et assaisonnement compris. Pour ma première journée test, j’avais mangé thaï au dîner, quand a sonné l’heure de remplir le bouzin, croyez-moi, j’ai rigolé jaune (sans mauvais jeu de mot) : quinze minutes montre en main pour trouver le tofu dans la nomenclature pré-enregistrée du site, j’ai largement eu le temps de redevenir carnivore.

Car nomenclature pré-enregistrée il y a : aliments répertoriés par famille, quantités représentées visuellement à l’aide de repères connus (le mug versus le bol, le verre de cantine versus le verre à soda, etc.), médicaments à choisir dans la base de données du Vidal, tout est fait pour vous permettre de fournir les données les plus précises possible tout en vous facilitant la tâche. Pour être honnête, une fois intégré le principe de base, la navigation est assez simple, et comme promis par la dame de la vidéo, j’ai bien mis moins de vingt minutes à remplir mes questionnaires suivants. Si comme moi vous avez une alimentation en partie alternative, que vous ne mangez pas souvent chez vous et qu’en plus vous appréciez la cuisine exotique, la démarche reste un brin fastidieuse, mais si vous préparez vous-même la plupart de vos repas, c’est un jeu d’enfant. Dans tous les cas, cette expérience est riche d’enseignements : elle permet notamment de prendre conscience de la variété et de la qualité de son alimentation, de la propension que l’on a à déstructurer ses repas en fonction du nombre de prises alimentaires par jour, ou encore de l’évolution de ses goûts et habitudes par rapport à ceux de sa famille. Enfin, les résultats de l'étude NutriNet Santé devrait permettre d'en savoir plus sur l'incidence de l'alimentation sur l'apparition et l'évolution de nombreuses maladies graves - cancers, troubles cardio-vasculaires, hypertension artérielle, diabète de type 2 - comme sur les nouveaux fléaux que sont l'obésité et le développement exponentiel des allergies, notamment chez l'enfant.
Une fois ces deux étapes validées, vous voilà officiellement devenu « nutrinaute ». Un statut qui vous ouvre les portes d’une communauté, baptisée « les tribus nutrinautes » et désormais hébergée sur un site propre. Au menu, des informations, un outil pour calculer vos apports nutritionnels, des jeux, des recettes, des forums, et de nouveaux questionnaires facultatifs à remplir tout au long de l’année. Le Pr Serge Hercberg et les instances partenaires de l’étude NutriNet Santé annoncent aujourd’hui avoir recruté 80 000 volontaires, et parient sur cet aspect communautaire pour motiver plus d’internautes à s’inscrire. Les premiers participants son également invités à parrainer leurs proches âgés de plus de 18 ans... allo, tata Germaine ?
Commentaires
1. Le mercredi 05 août 2009 à 22:18, par diabetique
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