Plus sérieusement, « Le livre de Rachel » marque le retour au français d’Esther David, l’un des plus grands écrivains indiens d’aujourd’hui (et d’ailleurs considérée comme une romancière indienne). Après un premier roman en français, « La ville en ses murs » paru en 1998 pour lequel elle fut sélectionnée pour le Prix Fémina, l’auteur nous plonge cette fois-ci en immersion totale dans le monde méconnu des « Bné-Israël », ces rares juifs indiens dont elle fait partie.

Pour aller à l’essentiel, il s’agit avec ce nouveau roman du portrait d’une femme qui préserve, au fil des repas, mémoire et culture. Dernière représentante de la communauté juive de Danda, près de Bombay, Rachel s’accroche à la synagogue, dernière vestige de sa foi et lien vivant d’avec ses ancêtres, qu’un promoteur immobilier tente d’acquérir. Son arme contre la spéculation immobilière : ses plats. Et c’est en perpétuant les traditions culinaires qu’elle fait resurgir les saveurs du passé.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, citons pêle-mêle quelques recettes du « Livre de Rachel » : curry de mouton au tamarin, Pouranpoli, patates tilkout, poisson alberas, chik cha halva… Et pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la cuisine indienne, un glossaire est à disposition en fin d’ouvrage.

Côté écriture, le style est simple et aéré. Si l’intrigue ne vous tient pas forcément en haleine tout au long des 300 pages, on n’en voudra pas trop à Esther David même si les débordements de bons sentiments sont omniprésents. En deux mots, le livre de l’auteur indien se lit facilement (idéal pour l’été), et on retiendra surtout les 24 recettes proposées.

Le livre de Rachel, par Esther David, Éditions Héloïse d’Ormesson, 300 pages, 21 €