Lorsque l’Union Européenne a accepté cette baisse de la TVA, en mars 2009, la ministre de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi, Christine Lagarde, ainsi qu’Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services ont demandé aux restaurateurs de s’engager dans un « contrat d’avenir ».
Signé le 28 mars dernier, celui-ci promet 4 engagements face à la baisse de la TVA :
- une baisse des prix de 11,8% sur 7 produits pouvant constituer la base d’un repas complet.
- la création de 40 000 emplois, dont 20 000 contrats en alternance, d’apprentissage ou de professionnalisation.
- des améliorations de la situation des salariés.
- une amélioration de la qualité des services par le biais de rénovations ou d’achats d’équipements.

Rappelons que ces engagements ne sont ratifiés que dans un « contrat »… Loin de là l’idée d’une loi ! À chacun, donc, d’appliquer ces engagements à la lettre.

Ainsi, cette idée de travaux de rénovation et de renouvellement d’équipement est alléchante... d’autant que des fonds de modernisation sont mis en place par l’État pour accompagner les restaurateurs dans leur démarche !

Pour ce qui concerne l’amélioration de la situation des salariés, autrement dit des salaires, et de la création de nouveaux emplois, cela reste à voir.

Et la baisse des prix pour les consommateurs, alors ? On risque sûrement de se heurter à des coups de bluff marketing. Un café à 2,10€ au lieu de 2,20€ ou une baisse de 2€ sur le menu (entrée – plat – dessert) : voilà ce à quoi il faut s’attendre !

Mais franchement, ce cadeau démesuré fait par l’Etat aux restaurateurs, ne cacherait-il pas quelque chose ? D’autant que le budget de l’Etat perd entre 2 et 2,5 millions d’euros
La crise contamine le tourisme et le commerce, difficile de le nier. Ainsi, appliquer ce projet de baisse de TVA dans un contexte économique délicat, inciterait non seulement les touristes à venir découvrir la gastronomie française et convaincrait les français de remettre les pieds dans la brasserie ou le café qu’ils fréquentaient jadis, lorsque la conjoncture le permettait…

Clin d’œil à Libé labo, avec sa vidéo : « 3 milliards pour les bistrots, zéro pour les cuistos ! »

* Extrait de L’Express.fr du 28/04/2009