L’ancien ministre Michel Barnier, aujourd’hui député européen, l’avait déjà annoncé en avril dernier : « Ce changement est important car il donne du sens au travail des agriculteurs et des pêcheurs. Cela correspond également au modèle alimentaire que nous prônons. C’est un modèle qui n’est pas aseptisé, mais qui est un modèle alimentaire avec des produits de qualité, qui ont du goût et sont labellisés ». L’intention est bonne, c’est indéniable. Reste à voir ce que le nouveau ministre compte mettre en place, et la manière dont il va s’y prendre.

Quid de ce ministère jusqu’ici inédit ? Le gouvernement n’a pas encore communiqué sur les objectifs à atteindre et s’en tient, pour le moment, à la biographie du nouveau ministre. Agé de 40 ans, cet ancien énarque, député de l’Eure, est surtout connu pour être « l’homme de l’axe franco-allemand ». Entré au gouvernement en décembre 2008 en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, la tâche qui attend Bruno Le Maire s’annonce compliquée d’autant que les dossiers chauds et difficiles l’attendent déjà, et la FNSEA notamment ne compte rien laisser passer.

Placer l’alimentation au cœur des préoccupations est une bonne chose d’autant qu’il en va de la santé des Français. Mais la réaction de Jean-François Lemétayer, président de la FNSEA, à la nomination de Bruno le Maire ne s’est pas faite attendre : « Il n’y aura pas de temps mort et pas d’état de grâce », prévient-il. Les débats à venir sur la Politique Agricole Commune, notamment, s’annoncent houleux à Bruxelles, et l’attente des agriculteurs sur le sujet est grande. Face à ces chantiers, on peut s’interroger sur le bien-fondé de l’élargissement du ministère à l’alimentation.

Mais à l’heure où le débat sur les OGM, le développement durable ou la culture biologique occupe les esprits, le gouvernement semble aller dans le bon sens en se préoccupant de la santé de ses concitoyens. Reste aujourd’hui à savoir quelles vont être les premières mesures du nouveau ministre, au moment où les supermarchés Discount fourmillent dans le pays. En outre, l’INSEE annonce dans une récente enquête que l’alimentation représente 20% du budget des Français, c’est dire l’ampleur de la tâche !

Toujours dans le domaine alimentaire, et même culinaire, le gouvernement planche actuellement sur l’inscription de la gastronomie française au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO. L’objectif est la valorisation et la diffusion des connaissances en matière de patrimoine et de cultures alimentaires. Certes, la cuisine et la gastronomie françaises ont un rayonnement mondial, mais nombreux sont les pays qui peuvent revendiquer cette même distinction. On peut ainsi s’interroger sur l’utilité d’une telle démarche…