Victoire européenne pour les producteurs de rosé
Par Caroline Bodin, lundi 08 juin 2009 à 18:30 :: Vins et alcools :: rss
La décision finale concernant l’autorisation des vins rosés de coupe (un mélange de vins blancs et de vins rouges) devait être annoncée le 19 juin mais c’est finalement aujourd’hui, 8 juin 2009, que le verdict est tombé au grand soulagement des viticulteurs français.
Et pour cause, la production de vin rosé représente tout de même entre 11 et 12% de la production française et occupe une place prépondérante au sein de la profession, tout particulièrement en Provence. En effet, comme le rappelait à l’AFP Xavier de Volontat, président de l’Association Générale de la Production Viticole : « Le rosé est la seule couleur qui est en augmentation de consommation…La consommation de vin ne cesse de diminuer en France et les exportations sont également à la baisse. »
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Les viticulteurs français sont les premiers producteurs mondiaux de vin rosé et entendent conserver le bénéfice des méthodes traditionnelles, au contraire des procédés de fabrication industriels employés par les producteurs de l’hémisphère sud, ce qui revenait, selon François Millo, directeur du Syndicat Interprofessionnel des Vins de Provence, « à légaliser la contrefaçon ».
Il faut rappeler qu’il existe en effet deux méthodes principales pour produire du rosé, des techniques spécifiques en vigueur en France et en Italie par exemple, deux pays qui fabriquent du rosé depuis plusieurs centaines d’années. Dans les pays de Loire ou de Bourgogne, c’est souvent le pressurage direct qui permet d’obtenir des rosés pâles et gris alors que les raisins employés sont souvent d’une belle couleur foncée. En effet, c’est la durée du contact entre la peau et le raisin qui compte pour donner la couleur définitive du vin. De même en Provence, les rosés sont souvent dits « de saignée ». Les raisins macèrent entiers pendant moins de 24h et libèrent un jus rosé. Lorsque la couleur atteinte est satisfaisante, on prélève le moût pour le mettre à fermenter.
Ces processus sont si différents d’un simple mélange que l’on est en droit de s’interroger. Le consommateur aurait-il vraiment été incapable de faire la différence ? Avait-on seulement le droit de commercialiser ces rosés d’un genre « bâtard » en les désignant comme vins rosés, et non à l’aide d’un terme qui les aurait différenciés des productions authentiques ?
Dernière question enfin ; bien que Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture européenne, ait annoncé « qu’il n’y aura pas de changement dans les règles de production du vin rosé », ne peut-on pas de demander s’il existe un lien entre cette décision et les élections européennes ou tout simplement le résultat des pressions exercées par les gouvernements français et italiens sur l’exécutif européen. Ne risque t-il pas par conséquent d’y avoir d’autres tentations pour d’autres réformes du genre ?
Commentaires
1. Le mardi 15 septembre 2009 à 16:04, par coeur fondant
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