Blind test à la rédaction d’Easyfrenchcook : la « Whif Experience » ou comment ne pas éternuer sur une gourmandise techno-emotionnelle…
Par Caroline Bodin, jeudi 07 mai 2009 à 16:47 :: Insolite :: rss
- « Les filles, vous ne savez pas quoi ? Je viens de whifer ! »
Silence gêné dans le bureau, certaines regardent leurs chaussures et toussotent, horrifiées. Mais tout de suite, je les rassure. « Voyons voyons, il n’y a rien d’inconvenant là-dedans, c’est de l’exploration cu-li-naire ! Je suis à la frontière de l’art, de la gastronomie et de la science, je tutoie les dieux de l’Olympe moléculaire, j’apostrophe Thierry Marx himself d’une seule aspiration ! »
Voyant qu’elles n’y comprenaient rien, j’ai procédé à une distribution de « whifs ».
Chacune a pu choisir son parfum, il y en 4 disponibles au laboshop : chocolat-mangue, chocolat-framboise, chocolat-menthe et l’Original Whif : le chocolat-chocolat.

Bon, d’accord, il faut commencer par ouvrir l’enveloppe protectrice, bombée et argentée, qui ressemble à un zeppelin de poche. Le processus n’est pas évident, d’un coup d’un seul, le whif peut sauter et se retrouver, au choix, dans la poubelle, sur le bureau d’un informaticien qui n’en demandait pas tant ou se répandre en traînée de poudre sur la belle feuille toute propre que l’on vient d’imprimer.
Les regards des filles de la rédaction évoquèrent alors une perplexité teintée d’inquiétude.
C’est vrai qu’à première vue, l’engin ressemble plutôt à un appeau pour oiseau (probablement un mouette rieuse), un célèbre inhalateur mentholé ou un sifflet de gendarme…

Ensuite, c’est simple, on tient le Whif à l’horizontale, on tire sur les deux bouts, délicatement, pas comme une brute, c’est à dire pas comme moi, toute la poudre est tombée sur mon chemisier…Puis on glisse le Whif entre les lèvres, sans forcément avancer la bouche en canard, ce n’est pas un sifflet on vous dit, et sans le mettre dans les narines, certaines ont essayé, je les ai vues !
Non, on aspire !
Verdict : je n’ai rien senti, l’une d’entre nous est tombée à la renverse, elle avait whifé de travers. Une autre n’a pas voulu essayer et la dernière a trouvé ça « pas si mauvais », ajoutant « on dirait du Nesquick® ». Mais de là à en avoir une énorme envie…
Bref, mon Whif n’a pas remporté un franc succès. Pourtant, cet inhalateur de saveur inventé conjointement par David Edwards et le chef Thierry Marx dans le cadre du Foodlab, le laboratoire de recherche et développement culinaire du Laboratoire, avait tout pour plaire.
Car Edwards et Thierry Marx y croient à cette révolution de la cuisine par aérosol qu’ils considèrent comme la cuisine de l’avenir avec ses « microparticules de saveur ».
Thierry Marx, dixit, l’imagine déjà dans des recettes comme le homard à l’américaine, il ajoute même « Imaginons un Whif dont la saveur serait celle de la carapace du homard flambée au cognac… », « une olfaction apéritive ». « Le caviar du Whif » comme dit David Edwards…
Malheureusement, il faut bien que j’avoue que j’ai un côté complètement rétrograde en matière de cuisine et une tendance certaine à préférer un homard à l’américaine on ne peut plus ordinaire, même si je ne peux pas concevoir l’équation chimique et sensorielle de sa carapace…
Allez, la semaine prochaine, je reviendrai sur le dernier livre de Jean-Pierre Coffe, ringarde que je suis !
Le Whif, en exclu au Laboshop, la boutique du Laboratoire, 4 rue du Bouloi – 75001 Paris et sur le site laboshop.fr, à l’unité, en pack de 6 ou 24
Whif parfum « chocolat-cannelle » (American Whif), en vente exclusivement chez Colette, 213, rue Saint-Honoré – 75001 Paris
Prochaine Whif Experience au Festival de Cannes, du 13 au 24 mai 2009 – Plage du Majestic 62
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