Marre du light! Partie 1 - la fin des produits allégés
Par Caroline Bodin, mardi 05 mai 2009 à 17:52 :: Marques de fabrique :: rss
Les derniers sondages sont formels, les produits allégés ont du plomb dans l’aile.
Il faut bien avouer, alors que fleurissent les marronniers, ceux du parc et ceux des magazines féminins, qu’au moment où nous pourrions plonger dans les affres de la culpabilité gastronomique, c’est plutôt une bonne nouvelle.>
-Erwan-Guillard.jpg)
Quelques mois après la sortie du livre du docteur Jean-Michel Cohen, « Maigrir, le grand mensonge », on s’attendrait presque à des révélations s’il ne s’agissait pas déjà d’un secret de Polichinelle : les Français n’aiment plus le light, ils ne tombent plus dans le piège de l’allégé.
C’est au milieu des années 60 qu’apparaissent les premiers produits allégés avec la gamme Taillefine de Gervais, pour ne pas la citer. Le slogan publicitaire était alors clair « Pour maigrir sans vous priver… ». Euphorie d’une décennie rêvée, tout rime avec facilité. Plus besoin de perdre son temps à préparer le dîner, les produits tout prêts envahissent les supermarchés et avec eux une cohorte d’innovations dont les concepts fleurent bon le marketing.
Il faut ensuite attendre les années 80, période du culte de la réussite professionnelle et de l’argent facile pour que le modèle d’un corps filiforme et musclé commence à voir le jour. On fait du sport, parfois non, mais surtout on ne veut pas se priver. Le « light » fait recette et explose dans les années 90, n’épargnant aucun rayon : yaourts, fromages, biscuits apéritifs, céréales, croquettes pour chiens, sodas et boissons, tout y passe, même…l’eau !
Or, l’institut Nielsen a publié des chiffes récents qui prouvent qu’en trois ans seulement, les produits dits « light » ou allégés connaissent une désaffection constante de la part des consommateurs : - 19,3% de baisse sur les desserts, - 8,7 % sur les yaourts, - 11% sur les fromages et – 6,7 % sur les céréales. De plus, bien que les sodas sans sucre, surtout ceux au cola, aient toujours le vent en poupe, près d’un Français sur deux pensent qu’il faut supprimer les produits light ou du moins éviter de les consommer.
Il faut dire que ces produits sont plus chers que leurs homologues « ordinaires » et sont la plupart du temps bourrés d’additifs, de faux sucres, voire pire. On peut citer par exemple, comme le soulignent nos confrères de Rue89, le cas des yaourts 0% enrichis à la gélatine de porc qui imite à merveille la texture de cette pauvre matière grasse retirée au nom de la bonne conscience diététique.
Pourtant, dès 1987, un avis du Conseil National de la Consommation était formel : « L’allégement ne doit pas changer la nature fondamentale du produit et l’appellation « allégé » ne peut être autorisée que par rapport à un produit existant » : à la fois simple et vague. Il faudrait donc désormais formuler une définition précise du produit de référence avec ses caractéristiques nutritionnelles ainsi qu’une composition type, ce qui risque de ne pas être facile.
Ne pourrait-on pas en effet se contenter de consommer des produits normaux, de préférences des ingrédients simples, non transformés ? Prendre le temps de faire la cuisine, de manger, de partager un repas en famille ou avec ses amis, en faisant rimer plaisir avec convivialité ?
Et le docteur Cohen, que vient-il faire dans tout cela? Que dénonce t-il avec ce titre choc « Maigrir le grand mensonge » ? On serait tenté de répondre : pas grand chose…
Le dossier de Rue89 sur les produits allégés
Un article sur le même thème dans Libération
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire