De Pessah à Paques

Pâques est à l’origine une fête juive, appelée Pessah en Hébreu. Pendant une semaine, on commémore la sortie d’Egypte du peuple Juif, guidé par le prophète Moïse, et les miracles qui accompagnèrent cet exode, notamment l’épisode de la Mer Rouge qui s’ouvrit en deux pour laisser passer les Hébreux à pied sec.

Durant la semaine de Pessah, la consommation d’aliments levés, appelés Hametz – pains, pâtes, tous les gâteaux à base de farine - est proscrite. Seul le pain azyme, ou Matza, est autorisé : cette tradition rappelle le pain que les Hébreux mangèrent lors de l'Exode car, selon la Bible, dans leur hâte de quitter l’Egypte, ils n'avaient pas eu le temps de laisser le pain lever.

Pour les chrétiens, Pâques est la fête la plus importante du calendrier, puisqu’on célèbre ce jour-là la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts. Cet épisode des Evangiles se déroule pendant la fête juive de Pessah, dont le nom latin a donné « Pâques » en français et a été conservé pour désigner la célébration chrétienne – c’est pourquoi les deux fêtes, bien que de significations très différentes, portent aujourd’hui le même nom.

A l'origine, Pessah et Pâques avaient lieu en même temps, du 15 au 22 du mois juif de Nissan. Depuis le concile de Nicée en 325, la date chrétienne de Pâques est le résultat d'un calcul astronomique complexe appelé comput: la fête est célébrée le dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune qui atteint cet âge à l'équinoxe de printemps ou immédiatement après. Autrement dit, c’est le premier dimanche qui suit ou qui coïncide avec la première pleine lune après le 21 mars, à un détail près: ce n'est pas la pleine lune réelle qui est prise en compte, mais la lune dite ecclésiastique, de sorte que par construction, la fête tombe forcément entre le 22 mars et le 25 avril. Le calcul de cette date est fondamental, car c'est à partir de Pâques qu'est établi le calendrier liturgique chrétien, qui donne lieu à plusieurs jours fériés dans la plupart des pays occidentaux.

Le temps pascal

Pâques clôt un cycle entamé 40 jours plus tôt, après Mardi Gras : le Carême. Cette période de jeûne et de pénitence rappelle les quarante jours au désert du Christ. La viande et les aliments dits « gras », comme les œufs et le chocolat, sont alors proscrits. Le poisson, lui, est autorisé, car il est considéré comme un aliment "maigre". Jusqu’au début du XXème siècle, ce régime était encore strictement pratiqué.

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Le Carême se termine par la Semaine Sainte, où l’on commémore les derniers jours de Jésus. Le dimanche des Rameaux, une semaine avant Pâques, rappelle son entrée à Jérusalem : il fut accueilli par une foule enthousiaste qui répandit des branches de palmier sous ses pas en guise de tapis, aujourd’hui symbolisées par le buis béni que les catholiques rapportent de la messe ce jour-là pour leur porter chance toute l’année. Ces branches sont parfois décorées de décorations en sucre, en meringue ou en pâte d'amande.

Le jeudi saint, les croyants rejouent le dernier repas du Christ, la Cène, et le vendredi, en parcourant les étapes du chemin de croix, la communauté chrétienne revit la mort de Jésus crucifié. Ce jour-là, le plus triste de l’année pour les croyants, toute viande est strictement interdite, et les plus fervents observent même un jeûne complet.

Le dimanche de Pâques, on fête donc la résurrection du Christ, c’est-à-dire le jour où ses disciples se rendirent à son tombeau pour découvrir qu'il était vide. Sur le chemin du retour, ils rencontrèrent Jésus ressuscité, et commencèrent à répandre la bonne nouvelle. Pâques est un jour de fête et de joie pour les chrétiens, où tous les interdits du Carême sont levés.

L’agneau pascal

Traditionnellement, l’agneau est présent sur la table du repas lors des fêtes de Pâques, chez les chrétiens comme chez les juifs. En général, cet animal symbolise l’innocence et la soumission à la volonté divine : ainsi dans la Genèse, Dieu, pour éprouver sa foi, demande au prophète Abraham de lui sacrifier son fils, lequel est finalement remplacé par un agneau. Mais lors des fêtes de Pâques, les deux religions ne lui prêtent pas la même signification.

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Dans la tradition juive, l’agneau pascal rappelle un épisode de l’Ancien Testament : la dernière des dix plaies d’Egypte était la mort de tous les garçons premiers-nés par l’Ange Exterminateur, durant la nuit du 15 Nissan, c’est-à-dire le premier jour de Pessah. Dieu aurait alors ordonné à Moïse que chaque famille juive immole un agneau mâle et marque le linteau de la porte de sa maison du sang de l’animal, pour que l’Ange les reconnaisse et les épargne. Il passa alors au-dessus des foyers hébreux sans les toucher, et c’est d’ailleurs la sens du nom Pessah, qui signifie littéralement « passer au-dessus ».

Chez les chrétiens, l'agneau est le symbole du Christ donnant sa vie en sacrifice. Dans la Bible, Jean-Baptiste présente le Messie comme « l’Agneau de Dieu », celui qui conduit le troupeau, et cette expression est reprise 28 fois dans l’Apocalypse pour le désigner.

Les cloches de Pâques

En France, les cloches des églises sonnent traditionnellement les heures et les offices pour appeler les fidèles à la prière. Mais du jeudi au samedi saint, c’est-à-dire pendant les trois jours de la Passion du Christ, elles restent silencieuses en signe de deuil. La légende veut qu’elles en profitent pour partir à Rome se faire bénir par la Pape, et qu’au retour, elles sèment au-dessus de la France œufs, poules et lapins en chocolat, que les enfants se feront un plaisir de dénicher le dimanche de Pâques… après la messe bien sûr !

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