Rouge sur blanc…
Par Romy Ducoulombier, vendredi 27 mars 2009 à 15:01 :: Vins et alcools :: rss
Le 27 janvier dernier, le couperet est tombé ! Les représentants de l’Union européenne ont adopté un projet de règlement sur des pratiques œnologiques autorisant le coupage entre vin blanc et vin rouge pour l’obtention de rosés. Une hérésie, selon les viticulteurs français.
© Steve Cukrov - Fotolia
La France est le premier producteur mondial de rosés avec 5,9 millions d’hectolitres soit 29% de la production mondiale ! (2006*). Un succès qui va forcément être remis en cause par le projet de coupage de la Commission européenne. Pour l’instant, le dossier a été renvoyé à l’OMC pour une consultation par les pays tiers mais le vote définitif aura lieu le 27 avril. L’objectif de la Commission ? Libérer l’UE des « entraves œnologiques » pour s’ouvrir à de nouveaux marchés comme la Chine.
Du rififi chez les vignerons
« Le rosé de coupage n’est pas du rosé ! » claironnent en cœur les viticulteurs français. Les Etats-Unis, l’Australie, l’Afrique du Sud sont déjà familiers de cette méthode. Mais en France, le vin rosé a littéralement « trimé » pour conquérir ses lettres de noblesse et s’est taillé, au fil des années, une belle place dans la trilogie : rouge, blanc, rosé. Aujourd’hui, sa production résulte d’une méthode soigneusement élaborée. Le rosé est produit à partir de raisins rouges dont la pulpe et la peau macèrent plusieurs heures ensemble. Mélanger vin blanc et rouge ? Une hérésie, aux yeux de la profession, car le « cocktail » mettrait en péril des milliers d’emplois en France et surtout en Provence, sa capitale. Malgré tout, si le coupage est autorisé, les professionnels de la filière souhaitent que la technique de production soit clairement mentionnée sur la bouteille. De la transparence dans le mélange ?
*Source Viniflhor
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire